Mais qu’en est-il de ceux qui ne sont pas encore là ? de ceux qui aimeraient s’installer mais qui hésitent ? De ceux que l’on nomme par le nom barbare de « porteurs de projets » ? L’appellation illustre bien la lourdeur du parcours que doit réaliser le futur prestataire pour monter son projet. De l’idée à l’installation, il va franchir une vingtaine d’étapes, qui ressemblent parfois aux 12 travaux d’Astérix…
Comment les accompagner dans ces étapes ? Qui sont les acteurs concernés ? Comment faire en sorte qu’un porteur de projet s’installe sur mon territoire ? Mon organisme de tourisme a-t-il un rôle à jouer ?
Un travail de groupe dans le réseau pour une méthodologie commune
De nombreux offices de tourisme, parcs naturels régionaux, collectivités, ADT.CDT font de l’accompagnement aux porteurs de projet, de manière plus ou moins formelle. Il peut s’agir d’une simple discussion à l’accueil, comme d’un suivi régulier à chaque étape du projet touristique. Si le rôle de conseil auprès des entreprises touristiques est en constante évolution et progression, il n’existait pas de réflexion commune pour professionnaliser cet accompagnement.
À l’initiative de Charlotte Genet, alors chargée de développement chez Entre-Deux-Mers Tourisme, un groupe de travail a été constitué. Il se compose d’offices de tourisme et de PNR : Bisca Grands Lacs, Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, Destination Royan Atlantique, Sarlat Périgord Noir et Val de Garonne.
Les résultats attendus :
- créer un collectif de techniciens “développeurs” autour de cette problématique commune à chaque territoire
- créer des outils communs mais personnalisables selon chaque territoire
- au final, renforcer le rôle et la reconnaissance des organismes de tourisme dans l’économie touristique territoriale.
Identifier les besoins du porteur de projet
La première étape du travail a été de reconstituer le parcours d’un porteur de projet. Ce parcours n’est évidemment absolument pas linéaire : certains partent d’une idée, d’autres d’un lieu, d’autres encore commencent les travaux avant l’étude de marché… Il s’agit donc avant tout d’étudier les besoins, à chaque étape du parcours.
Ces besoins sont de tous ordres (regard extérieur, conseil juridique, expertise fiscale, travaux,…) et font appel à de nombreux interlocuteurs. Et… c’est là que cela peut vite devenir très compliqué pour un porteur de projet qui ne connaît pas le territoire, ni le fonctionnement privé ou institutionnel. Les cas concrets pris en exemple nous ont révélé quelques « points de rupture » pour lesquels le porteur de projet se retrouve seul.
Le but, pour le territoire, est qu’il trouve facilement ses interlocuteurs et mène à bien son projet.
Le rôle de l’office de tourisme ou du PNR dans ce cadre ? Faciliter les liens entre interlocuteurs, aller chercher et accompagner le porteur de projet tout au long de son parcours, ou bien le coacher de manière régulière.
Ces rôles dépendent de plusieurs facteurs :
- Les missions confiées à l’OT et la répartition des rôles entre OT, collectivités et autres acteurs.
- Les capacités et moyens interne à dédier à la mission.
- Le profil du porteur de projet : son degré d’autonomie, de compétence, de confiance.
Un sujet au coeur des missions des offices de tourisme
L’organisme de tourisme remplit donc ici ses missions d’accueil, d’information, de coordination et de promotion.
Selon le « qui fait quoi? » sur le territoire (communes, communautés de communes, CCI, CA, départements, région,…), l’OT peut se positionner, a minima en facilitateur. Au mieux, il sera le fil rouge de référence du porteur de projet. Ce dernier saura qu’il a, à proximité, une personne ressource qui le suivra tout au long de son projet.
Les témoignages, les méthodes produites par ce travail sont à retrouver sur l’article Vis ma vie d’accompagnateur de porteurs de projets.